BEN.DOS

@ben.d.o.s m’avait invité il y a quelques années à l’inauguration de sa première fresque à Bondy…
J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi déterminé.
Pendant longtemps — presque deux ans — il s’est cherché en tant qu’artiste. Parce qu’il aime faire plein de choses, dans un monde où, pour paraître cohérent, on te demande de choisir une seule voie.
Mais le plus dur, ce n’était même pas ça.
Le plus dur, c’était d’assumer qui il est.
Ses forces, ses faiblesses.
Lui, il appelait ça ses “super pouvoirs”.
Je crois que c’est à partir de là que tout a changé.
Le jour où il a compris qu’il fallait simplement s’accepter tel qu’on est.
Souvent, on me demande : “Qu’est-ce qu’il a de spécial ?”
La vérité… c’est qu’il n’a rien de spécial.
Il n’a même pas de DA au sens classique.
Il est juste lui.
Mais surtout, il est sincère.
Il assume tout.
Il ne ment pas.
Et il en a vraiment envie.
Je rencontre tout le temps des artistes qui veulent “percer”, qui veulent “réussir”… sans jamais rien faire pour.
Lui, je l’ai vu faire des dizaines de kilomètres, presque tous les jours, pour chercher. Trouver sa formule.
Au point de cramer son scooter en deux ans, sans jamais être sûr de réussir.
Mais il ne se posait pas de questions.
Il faisait.
Sans vraiment savoir où ça allait l’emmener.
Je pense même qu’il aurait pu dormir dans son atelier.
Puis un jour, il disparaît.
Quasiment du jour au lendemain.
Parce qu’il avait trouvé sa voie.
Et depuis, chaque année, je reçois un appel.
Comme une carte postale.
Pour me dire que ça avance.
Qu’il a franchi une nouvelle étape.
Alors quand on me demande ce que je fais…
Je réponds simplement :
je regarde des artistes grandir.
D’ailleurs, ils me disent souvent que je suis un peu leur Manu Key